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mercredi 11 juillet 2018

La Gaspésie - De Forillon à Percé!

C'est au bout du Québec. C'est presque au bout du Canada! Ce n'est plus vraiment le fleuve, c'est un peu la mer, mais c'est surtout l'océan. À l'horizon? Rien, sauf si on a suffisamment d’imagination pour voir Terre-Neuve.

L'eau est claire et d'un bleu profond. La brise vient de loin, emportant avec elle un brin de senteur de sel et de poisson.

J'ai trop de photos. Pas assez de mots. J'essaye quant même de vous raconter...

On s'est installé à St-Georges-de-Malbaie. Officiellement, il faut dire Percé. Officieusement, c'est un morceau d'un ensemble de villages pour en relier un grand. La St-Jean s'est vécu avec un feu de camp visible sur des milles, les couchers de soleil sont dans les plus beaux qu'on ait vu et il y a dans les gens un plaisir de vivre qu'on voudrait croiser plus souvent.




Notre première sortie a été pour Percé, celle qui porte le nom du rocher. À mois que ce ne soit l'inverse? Il y a de la fébrilité, au détour du croche, juste avant la grande côte, quand on aperçoit le village. Le Rocher Percé, ce n'est qu'une grosse roche. Sauf qu'il y a un peu de l'âme du Québec là-dedans et qu'on doit le voir au moins une fois dans sa vie!



Passée la fébrilité, on s'avoue déçu. Le rocher est bien là, mais pas le trou. On marche sur le quai, qu'on n'atteint pas jusqu'au bout à cause des barrières. C'est plein de ciment et de bateaux de croisières. Il n'y pas le petit quelque chose qu'on attendait. Ceci dit, c'est bien entretenu et il y a même des travaux d'embellissement.

On pensait se rendre sur l’Île Bonaventure pour voir les fous de bassan. C'était avant de réaliser qu'on payait cher pour polluer la mer et déranger des oiseaux dans un lieu protégé. On le protège de quoi au fait? On devrait penser à le protéger de nous!

Je sais, ça semble bien négatif. Un peu peut-être, même si ce n'est pas l'impression que l'on souhaite. Vous savez qu'on préfère la nature. On est seulement déçu des dommages que l'on fait à un lieu qui mérite plus de respect. Je pense aussi au monsieur, ses billets dans les mains, qui poussait les gens descendant d'un des bateaux pour s’asseoir à la meilleure place. Mais pourquoi?

Alors donc, si vous voulez voir le rocher avec son trou, il vous faudra vous rendre à la halte, en haut de la côte Surprise. La vue est magnifique et beaucoup plus paisible. C'est ici que l'on a trouvé notre « quelque chose » à nous. Et SVP, n'allez pas par la mer pour y marcher. Avec le frottement des mains, le beau rocher s'effrite. Qu'en restera-t-il dans dix ans? Dans cent ans? Je voudrais que l'on prenne le temps pour admirer sans avoir besoin de démolir, de pousser ou de polluer.


Juste en dehors du village, il y a la grotte. En fait, ce n'en est pas tout à fait une, mais plutôt le nom que les gens d'ici lui donne. Il s'agit d'une chute d'eau devenue avec le temps un lieu de recueillement. Certains y viennent pour célébrer Marie. Dautres pour la magie. Il y avait d'ailleurs une maman et sa grande fille venu y célébrer le solstice. Sachez que le chemin pour y parvenir est un vrai « ch'min d'bois ». André dirait « une trail de vaches ». Mais si vous ne craignez pas quelques trous dans un chemin à peine plus large que le pare-choc, je vous conseille d'y venir!


Un peu plus loin, entre Percé et Gaspé, nous nous sommes rendus à la rivière du Portage. Mieux connue sous le nom de la rivière aux Émeraudes, à cause de la couleur verte de l'eau que l'on doit aux algues accrochées aux roches sur le fond. Soyez prudents si vous marchez dans l'eau, c'est très glissant!

Après un sentier plus ou moins long (5 km ou 1,5 km), accidenté, parsemé d'escaliers et que l'on a adoré, on peut se rendre à la chute aux émeraudes. En été, on peut s'y baigner. À notre passage, l'eau était encore froide. Nous avons tout de même marché des deux côtés de la chute, les deux pieds dans l'eau (Je ne sais pas comment on aurait pu y résister!). L'eau est claire et on peut y voir de nombreux poissons.




Parlant de sentiers, nous n'allions pas passer à côté d'un parc national fédéral : Nous nous sommes donc rendus à Forillon.

Parait-il qu'il y a des ours. Des porcs-épics. Des orignaux. Des... Plein d'animaux qui ne se seront pas montrés le bout du nez! On sait pourtant qu'ils étaient là pour les traces indéniables qu'ils laissent derrière eux. On a bien essayé le sentier le plus fréquenté par toutes ces bêtes. J'avoue que j'espérais beaucoup les apercevoir. Surtout les ours! J'en ai pourtant vu souvent, mais j'avais envie de vivre le moment avec les enfants. Malheureusement, le sentier n'était pas que fréquenté par les animaux. Il l'était aussi par d'autres bêtes à deux pattes. Vous savez celles qui prennent toute la place et qui font du bruit! Nous marchions sur l'autoroute de Forillon. Nous n'étions pas les seuls à vouloir croiser la nature, et ça se comprend. Mais pour nous, c'était beaucoup trop de monde. On a donc rebroussé chemin en passant par le sentier boisé qui mène à la baie pour choisir des randonnées moins achalandées. Heureusement que nous n'étions qu'en juin. Je n'ose imaginer juillet, pendant les constructions.






La bonne nouvelle est que comme tout le monde marchait sur l'autoroute sauvage, il n'y avait plus que nous partout ailleurs! Il n'y avait peut-être plus d'ours, mais on retrouvait la nature silencieuse que l'on aime. Nous nous sommes alors rendus dans le sentier de la chute. La randonnée n'est pas très longue, mais elle est exigeante. Certains passages sont plus escarpés et il y a un grand nombre d'escaliers. Apportez de l'eau et des cuisses reposées, et oubliez la poussette.



Nous nous sommes ensuite dirigés vers Fort-Péninsule afin de descendre entre ses murs bien cachés des regards. Pendant la deuxième guerre mondiale, plusieurs centaines de soldats tenaient le fort contre les attaques. On ne connaissait pas cette partie de l'histoire du Canada. C'est bien triste de réfléchir aux raisons de l'installation de ce fort, mais nous avons grandement apprécié y avoir accès. Surtout les canons!




Nous avons fini notre visite par un arrêt à Penouille. Le soleil déclinait derrière les nuages gris qui commençaient à couvrir le ciel. Nous avons marché la passerelle du marécage. Il s'en dégageait une aura de mystère.


Le lendemain, on profitait de notre dernière journée pour marcher jusqu'aux chutes qui s'écoulaient des falaises de notre camping. Elles étaient très belles et on prenait le temps... De marcher et de découvrir ce que la mer avait rejetée. On a même trouvé de gros rochers remplis de quartz et de pyrite. Je ne sais pas pourquoi, mais on aime les chutes. Pour leur puissance sans doutes. Parce qu'elles nous rappellent que l'eau qui s'en écoule trouve toujours sa route qu'à la rivière, jusqu'à la mer. Un peu comme nous peut-être!




Et puis, André est allé à la pêche. Ça faisait longtemps qu'il n'y allait plus et il ressentait l'envie d'y retourner. Quatre belles truites arc-en-ciel l'auront rendu heureux. Peut-être pas les plus grosses, mais il aura partagé son bonheur avec ses trois garçons dont Keanan qui aura aussi eu le plaisir d'en prendre une. Je crois bien qu'il y aura quelques excursions de pêche entre gars qui viendront bientôt!

Finalement, j'avais plus de mots que je ne le pensais. C'était simple quand on y pense : Des randonnées, des oiseaux, de la nature et de l'eau. C'est ce qui laisse nos plus beaux souvenirs. Et j'espère que ça vous aura donné envie de venir tout au bout de ce côté du fleuve. De Forillon à Percé, ton coin de pays, on le ramène avec nous et on se le garde au cœur pour toujours!

mardi 26 juin 2018

Cap Chat (Capucins)... Trop vite!

Nous ne nous serons arrêtés qu’une nuit, mais où l’on en aura profité pendant une soirée et un avant-midi. Ce fut sûrement trop court. J’aurais pu ne rien écrire. Il n'y a pas tant que ça à raconter. Sauf qu’il y a des moments que l’on partage avec certaines personnes qui nous donne envie de le partager à notre tour avec d’autres.

On passe par Cap Chat pour se rendre souvent plus loin en Gaspésie. Il y a bien les éoliennes, dont la plus grande, que l’on voit apparaître de loin et qui ont été les premières au Québec. Il y a aussi le cap en forme de chat de qui l’on doit le nom. Il y a sûrement bien plus que nous n’aurons pas eu le temps de découvrir.


Parce que pour nous, il y avait plus que tout ça. Il y avait des amis. Des amis qui m’ont parlé de « leur » Gaspésie. Des amis qui m’ont donné envie d’y venir. Des amis qu’on a visité dans « leur » monde!

Comme il n’y a rien de mieux que de visiter un endroit avec ceux qui le vivent, on a découvert la baie de Capucins avec son rivage de sable, ses rochers de promenade et son soleil couchant. Il paraît qu’à marée basse, on peut marcher presque partout dans la baie et qu’il s’y forme des bassins.



Merci mes amis de nous avoir reçus. La prochaine fois, on restera plus longtemps et on s’installera dans la baie... Plus loin que le bord de mer, pour éviter les pêcheurs même si le terrain est le plus beau :-D

samedi 23 juin 2018

Parc National du Bic et Site Maritime de Pointe-au-Père

Depuis que nous sommes ensembles (Tout près de 18 ans!), André et moi n’avons jamais pris de vacances en été. Par obligation, mais surtout par choix. On aime voyager l’hiver pour le calme et la douceur. En été, il y a trop de monde, de vitesse... De tout. Cette année, on a eu envie de devenir voyageur de notre monde. On ne savait pas quand, ni où, ni combien de temps on partirait. On avait une vague idée : Les Maritimes peut-être. Mais bon... Vous savez qu’on aime changer d’idée et qu’on adore l’inconnu (On s’excuse Annie). L’occasion s’est alors présentée, à la dernière minute comme toujours! On a fait nos bagages, préparé la fifthwheel et on a pris la route, tout simplement.

On voulait la mer... On y est donc allé! Un beau grand détour tout au bout du Québec. Notre route sera lente pour prendre le temps de vivre chaque instant. On ne sera pas loin des Maritimes sauf qu’on ne s’y rendra pas. Une autre fois ou un autre peut-être!

Après un arrêt obligé à Lévis, où on en profite pour voir des gens qu'on aime, c’est au Parc National du Bic que nous avons lancé notre voyage. Des randonnées et la nature nous attendaient. Parfait pour ce en quoi on est « nous ».


On a donc marché : Sur les roches, dans les sentiers, dans l’eau. Il y avait des phoques, des eiders à duvet, des renards, des chevreuils, un aigle à tête blanche, des colverts. Il y avait la forêt verte du printemps et le fleuve changeant pour devenir grand. Par moment, on emprunte le rivage, à marée basse, pour continuer sa marche. À d’autres, on grimpe ou on escalade. Ce n’est que du beau!





















Avant de repartir, une journée brumeuse et un peu pluvieuse nous permettait de visiter le Site Maritime de Pointe-au-Père. Ce fut assurément, et à l’unanimité, une très belle découverte. Nous avions déjà auparavant visité un sous-marin ainsi que plusieurs musées. Nous savions à quoi nous attendre. Et bien non... On ne le savait pas! C’était bien mieux que ce que nous attendions.


D’abord, au musée dédié au bateau « Empress of Ireland » qui a coulé en 1914 après une collision avec un brise-glace, on y a renconté des gens passionnés de leur musée, de leur travail. On ne connait pas votre nom, mais merci pour votre enthousiasme. Peut-être vous reconnaîtrez-vous si je vous dis que nous y étions le 18 juin entre 15h et 16h15. Grâce à vous, on en connait tellement plus sur ce naufrage et ce magnifique bateau que les circonstances ont laissé dans l’oubli. Nous souhaiterions toujours avoir sur notre route des gens comme vous!

Le musée est vraiment bien aménagé. Tout est pensé pour nous permettre de connaitre l’Empress of Ireland sans compter que plusieurs des installations sont composés de pièces du navire (Comme les comptoirs de Teck ou chacune des lettres d’identification). Il faut aussi voir le film qui raconte le « avant » du naufrage. Non seulement le film est intéressant, mais ça vaut la peine d’arriver quelques minutes à l’avance pour vivre l’expérience d’attendre : Vous êtes filmés! On ne sait pas si les enregistrements sont écoutés, mais on a adoré faire quelques niaiseries!!! Il y a du temps, de l’amour et de la joie qui ont été investi dans ce musée-là. On voudrait que ce soit toujours ainsi.






Tout à côté, c’est le sous-marin Onondaga qui nous attendait. Un vrai de vrai sous-marin ayant servi de longues années. Il est le seul accessible au public au Canada. Au début de la visite, on nous remet une « patente audioguidée »! (Je sais bien que ce n’est pas ainsi que ça s’appelle, mais on n’avait pas le nom exact alors c’est la suggestion qui m’a été donnée par les enfants :-D). En gros, c’est un appareil qu’on met au cou et qui ressemble à un téléphone. À l’aide de numéro affiché, on écoute les explications d’un sous-marinier de l’Onondaga. Nul besoin de spécifier que c’est vraiment intéressant et que l’on peut imaginer la vie à bord de ce lieu fermé. Viveriez-vous cloîtré sous le niveau de la mer pendant des mois avec 70 personnes?







Finalement, l'eau est bien salée ici, mais pas encore assez. On ne voit presque plus de l’autre côté du fleuve, mais on y voit encore trop. Il est temps de continuer. Là où il n’y aura que du sel et où on ne verra que l’horizon.